Native Instruments Guitar Rig - AudioFanzine
Native Instruments Guitar Rig
Constructeur :
Distributeur :
Prix neuf moyen :
Argus en savoir plus... :
N/A
Mise en Oeuvre :
10 / 10
Adéquation/Performance :
8 / 10
Avis Global :
7 / 10

Par Los Teignos le 23/12/2004
Test du Guitar Rig de Native Instruments
Rig'n Roll
Histoire de ne pas parasiter nos essais avec une guitare à la trop forte personnalité (Gibson Les Paul / SG ou Fender Strat / Tele, par exemple), nous avons réalisé ces tests avec une guitare japonaise que tout le monde peut s'offrir (une Yamaha RGX). Côté informatique, nous avons utilisé le logiciel dans sa version autonome (Stand Alone) en passant par une carte son RME DIGI 96/52, elle-même connectée à des moniteurs Dynaudio BM6A. A noter qu'aucun problème de configuration n'est venu gêné nos tests, à ceci près que chaque changement de presets réclamait un petit laps de temps pour être effectif (rassurez-vous, le délai réclamé par le logiciel reste relativement raisonnable).

Par où commencer ? Par les très nombreux presets peut-être, lesquels sont pour la plupart excellents et vraiment représentatifs de ce que l'on peut faire avec le Guitar Rig. Des sons au gros sustain façon Gary Moore aux crunchs rouillés style Keith Richards en passant par les sonorités glacés typique de la new wave, c'est toute l'histoire de la guitare - et de la musique - qui défile entre nos oreilles : il y en a vraiment pour tous les goûts et pour tous les guitaristes.

Jouant des réverbs embarquées, les presets Jazz sont intéressants et devraient ravir les aficionados du jeu en octaves à la Wes Montgommerry comme ceux du funky Georges Benson. Le son est assez rond et pour peu qu'on utilise une guitare adéquate, style ½ caisse Gibson, il y a vraiment de quoi se faire plaisir.

Micros et HP virtuels dans le Guitar Rig de Native Instruments

Histoire de nous rappeler au bon souvenir de Dick Dale, on trouve aussi quelques presets taillés pour la Surf Music. L'occasion de se rendre compte que la simulation des HP JBL fonctionne plutôt bien : il ne manque qu'une Strat en position chevalet pour ressusciter " Mirsilou ". Plus sophistiqué, les sons blindés de chorus typiques d'Andy Summers sont aussi de la partie et parviennent à faire illusion même s'ils s'avèrent un peu raides dans les graves.

Dans le lot, on trouve aussi des presets simulant le son d'une guitare acoustique : plus réalistes en utilisant les micros en positions intermédiaires, ces derniers rendent évidemment plus un son d'électro-acoustique. L'occasion de rappeler d'ailleurs qu'on peut tout à fait brancher autre chose qu'une gratte électrique dans le Guitar Rig et qu'à ce titre, les électros sont les bienvenues...

Bonne surprise enfin, surtout pour un logiciel : les gros sons sont au rendez-vous avec le Guitar Rig, notamment grâce aux nouvelles pédales de distorsion ajoutée par la version 1.2 du plug-in. Parmi les presets, on trouve ainsi le son de Steve Vai sur " Bad Horsie " qui sans être ultra précis, permet de retrouver le grain éléphantesque qui a fait toute la renommée du Rectifier. Quelques mouvements de potars suffisent d'ailleurs à rendre visite à tous les méchants de la guitare, de Korn à Sepultura… On trouve aussi un preset dédié à l'incontournable Yngwie Malmsteen : Côté son, on est bien dans l'esprit mais sous le coup de médiator, on n'est pas dans le confort absolu…

Les 4 amplis modélisés par le Guitar Rig de Native Instruments

Question amplis, les algorithmes mis au point par Native sont dans l'ensemble convaincants, à l'exception du Vox AC 30 qui n'est pas super crédible dès qu'on pousse le gain. A noter aussi qu'en dépit d'émulation de belles factures, le Rectifier et le Marshall montrent leurs limites lorsqu'on joue des accords bien pleins avec de plus de 4 notes : ces dernières se détachent moins que sur les appareils originaux et on perd en intelligibilité.

De manière générale, les modélisations pêchent aussi dans le rendu des graves : les basses manquent, comme sur la modélisation du Fender Twin (par ailleurs très réussie) ou sont un peu trop raides. Reste qu'on ne saurait en vouloir à Guitar Rig à ce sujet car ces défauts sont observables sur tous les simulateurs d'ampli, qu'ils soient hardware ou software.

Mais la plus grande réussite du Guitar Rig tient dans ses effets, pour la plupart assez remarquables. Parmi les réussites, on évoquera une belle émulation de la Tube Screamer d'Ibanez (très crédible dans les gros grains lorsqu'on l'utilise avec un Rectifier, comme avec le preset Supercrunch), un tremolo très musical, un excellent Ring Modulator et deux unités de Delay permettant de tricoter des canevas rythmiques façon The Edge ou de partir dans les délires chers à ce bon vieux Robert Fripp (CF le preset 'Sing Crimson').

Pour conclure, disons qu'il y a au niveau du son rendu par le Guitar Rig de très bonnes choses et de moins bonnes. Pour le comparer au POD qui reste la référence en matière d'ampli virtuel, disons que les modélisations d'effets du Guitar Rig sont pour la plupart un cran au-dessus, mais que le haricot rouge reprend l'avantage au niveau du toucher et de la sensation de jeu : il y a ce je-ne-sais-quoi dans la réponse des amplis émulés par Line 6 qui continue de faire la différence.

Quant à ceux qui veulent savoir si à moins de 500 €, le Guitar Rig propose la réplique exacte de plus 20000 € de matos, la réponse est clairement non. Comme le POD ou la plupart des multi-effets à modélisation, il fait illusion dans un mix (ce qui est déjà très bien) mais Marshall, Mesa Boogie, Fender et Vox ne sont pas prêts de déposer le bilan : pour faire une lapalissade, disons qu'un algorithme reste un algorithme, et qu'un ampli reste… un ampli !

Le mieux étant de vous fier à vos propres oreilles pour juger de la pertinence sonore du Guitar Rig, je vous suggère d'écouter les extraits ci-dessous, enregistrés avec amour par notre fine lame de circonstance : Keyser Soze.